domingo, 28 de febrero de 2010

La resistance

1. Qui étaient les résistants ?

Les résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges mais souvent jeunes. Moins nombreuses que les hommes, les femmes avaient des rôles secondaires. Ils étaient issus de toutes les couches sociales. Toutes les idéologies politiques (gauche, droite...) toutes les sensibilités philosophiques, toutes les religions (chrétiens, juifs...) ont participé indistinctement à la résistance.

Les étrangers habitant en France ont combattu aux côtés des résistants : antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en France ; immigrés polonais et arméniens ; juifs apatrides.

Il y a eu aussi une participation passive par part des gens qui cachaient des résistants ou les aidaient sans participer dans la lutte armée, engagés dans l'action clandestine, risquaient à tout moment d'être dénoncés, arrêtés, torturés, emprisonnés, exécutés ou déportés.

Ils constituaient une toute petite minorité courageuse, qui a suscité à la fin de l'Occupation un mouvement social beaucoup plus vaste, entraînant l'adhésion de la majorité des Français.

1.1 Les femmes résistantes

Moins nombreuses que les hommes, les femmes représentaient seulement 20 % des résistants mais elles ont été déportées en égale proportion pour questions politiques.

On trouve l’exemple emblématique de Lucie Aubrac, résistante emblématique, n'a en fait jamais eu une fonction concrète dans le mouvement Libération-Sud. Hélène Viannay a participé diplomatiquement avec son mari, fondateur de Défense de la France, mais n'a jamais fait un seul article pour aucun journal clandestin, pas même des campagnes pour le DF, alors qu'ils assistent à toutes les réunions de rédaction. En revanche, Suzanne Buisson, cofondatrice du Comité d'action socialiste (CAS) en est la trésorière jusqu’à son arrestation.

Une seule femme, Marie-Madeleine Fourcade, a été chef de son réseau et elle a fait croire aux alliés britanniques que le vrai chef était un homme. Aucune n'est chef d'un mouvement, d'un maquis ou d'un Comité de Libération, ni commissaire de la République ou ministre à la Libération.

Une petite portion a pris part à la lutte armée. Alors que les femmes sont des figures typiques et assez nombreuses dans les mouvements aux autres pays occupés (Italie, Grèce, Yougoslavie et URSS), elles sont la portion congrue dans les maquis de France - peut-être - parce qu'elles ne sont pas soumises au STO et n'ont pas besoin de le fuir.

Le général de Gaulle signe Alger, le 21 avril 1944, une déclaration où les femmes sont considérées électeurs et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes, en reconnaissant leur lutte nationaliste.

Il faut aussi mentionner que d'innombrables combattants qui ont involucré leur partenaire, et que leur lutte serait impossible et invivable sans la présence de leur compagne à leur côté :

Cécile et Henri Rol-Tanguy, Raymond et Lucie Aubrac, Paulette et Maurice Kriegel-Valrimont, Hélène et Philippe Viannay, Marie-Hélène et Pierre Lefaucheux, Cletta et Daniel Mayer, etc. forment des couples indissociables.

Les résistantes se sont mariées et ont eu des enfants dans la clandestinité, sans interrompre leur combat. Certaines sauvent la vie à leur mari comme Lucie Aubrac ou Marie-Hélène Lefaucheux. D'autres ont souffert la torture, la déportation et la mort ; même dans la déportation à Auschwitz en 1943 (non-juives et en majorité communistes) parmi lesquelles nombreuses veuves de combattants.

1.2Les chretiens et les juifs

Les mouvements chrétiens voient se regrouper des catholiques et des protestants et contribuent à renforcer les tendances à l'œcuménisme Dans la France de 1940, la majorité de la population était catholique. On retrouve donc des chrétiens, sans motivation religieuse exprimée, dans presque toutes les catégories citées comme courant de la Résistance. Mais tandis que d'un côté, l'épiscopat, le clergé et la majorité des milieux catholiques représentent un des meilleurs soutiens au maréchal Pétain, d'un autre côté, certaines mouvances de la Résistance sont motivées par un fort ancrage catholique considèrent que leur foi chrétienne leur impose d'agir aux côtés de la Résistance.

Les juifs (à différence des femmes) ont participé dans les révoltes en plus grande proportion que leur représentation démographique. C’est normal, à cause de la constante recherche inquisitive des allemands. Ils étaient obligés de toute façon à la clandestinité, alors ils ont préféré un sort de clandestinité active plutôt que passive. La menace qui planait sur tous les juifs a incité certains d'entre eux à se regrouper pour secourir les internés dans les camps français, favoriser les filières d'évasion, la confection de faux papiers et lutter pour la libération. Ils ont été en fait un des premiers groupes à se rebeller.

C’est dommage que plusieurs factions ont été trahies par des secteurs plus conservateurs et leurs chefs ont été assassinés. Les résistants ont essayé d’échapper de toutes les façons possibles aux camps de concentration, même en sautant des trains.

Beaucoup de communistes juifs y sont allés pour se refugier des régimes de leur pays d’origine. Ce sont les connus FTP M.O.I, mouvement duquel on a déjà parlé dans ce blog. Le groupe FTP MOI de Joseph Epstein et Missak Manouchian qui pratique la guérilla urbaine dans la région parisienne et sera rendu célèbre par l'affiche rouge (sur laquelle on a aussi discuté), collée sur les murs en janvier 1944, comprend un grand nombre de Juifs d'Europe centrale.





1.3 Le rôle des espagnols

En 1939-1940, beaucoup de républicains demandent à s'engager dans les bataillons étrangers de l'armée française, malgré la méfiance des officiers français envers ces « Rouges ». Fin 1941 - 1942, ils sont nombreux à rejoindre la Résistance française, les maquis et les Forces françaises libres. Les exilés républicains espèrent qu'au-delà de la chute du nazisme, la libération de la France contribuera à la « reconquête » de leur pays [22]. Lors de la libération de Paris, le premier détachement d'infanterie de l'armée Leclerc à entrer dans Paris est une section espagnole. Il est des peuples qui ont connu des guerres prolongées : les Espagnols sont du nombre, qui voient le combat de la République contre Franco commencer en 1936. Ils connaissent la défaite en 1939, puis l'exil en France pour beaucoup de combattants et leurs familles, la levée en masse pour s'enrôler dans l'armée française en 1940, l'Occupation, la Résistance, le maquis, les exécutions et la déportation. En 1945, après la victoire, les “guerilleros” n'auront même pas le réconfort de rejoindre leur patrie.



Longtemps, Franco leur barrera la route des Pyrénées. A partir du 27 janvier 1939, plus de 100.000 républicains espagnols se réfugient en France ; les hommes sont aussitôt enfermés dans les camps d'internement des Pyrénées-Orientales,

notamment sur les “plages d'exil” de la Côte Vermeille : Argelès, Le Barcarès, Saint-Cyprien.

Durant les années d'Occupation, des milliers d'entre eux seront incorporés dans les Compagnies de Travailleurs étrangers ou déportés vers l'Allemagne, notamment à Mauthausen et à Ravensbrück. Cependant, on les trouvera en première ligne partout en France où les patriotes, français et étrangers résisteront à l'occupant.Ceux d'entre eux qui ont fait la guerre d'Espagne sur les mêmes fronts que les Brigades Internationales s'engageront de préférence dans les FTP-MOI où ils retrouveront bien des connaissances.

A la fin d'août 1944, l'Union Nationale Espagnole (UNE) aligna des milliers de combattants sur tout le territoire français, dont de nombreuses femmes. Dans l'ouvrage “Ces femmes espagnoles. Geneviève de Gaulle estime le chiffre de 35 000 comme le nombre des victimes espagnoles de la Seconde Guerre mondiale fusillés, morts dans les combats ou dans les camps de concentration.

Il est hors de doute, en tout cas, que les sacrifices des Espagnols pour la libération de la France, et en vue aussi de libérer leur pays, sont énormes mais relativement méconnus.

Au cours des derniers mois de la guerre civile espagnole, d'interminables rangées de familles,

les veuves, les orphelins, les soldats grièvement blessés, des camions avec des troupes du Front populaire fuyant l'avance de Franco, traversèrent les Pyrénées à la recherche de l'exil.Ils abandonnèrent tous leur pays. Beaucoup ne le virent plus jamais.

Déportation*

Les travailleurs espagnols ou résistants républicains arrêtés en territoire français n'ayant pas le statut de prisonniers de guerre, seront déportés vers divers camps de concentration. Éparpillés dans plusieurs camps, ils constituent un groupe important. Au total, 12.000 républicains espagnols seront acheminés vers des camps de concentration ou de travail entre le 6 août 1940, qui marque le premier départ vers Mauthausen, et le mois de mai 1945.



2. Quand se sont engagés les résistants, avec quelles motivations et pourquoi faire ?

Les périodes d’engagement les plus forts ont été entre 1940-1941 et 1943.1944.Il y a eu diverses motivations : refus de la défaite et de l'occupation allemande, refus du régime de Vichy et de la collaboration, refus de la répression et des mesures antisémites, volonté de combattre pour libérer la France...

La résistance a revêtu des formes multiples de l'écoute de la BBC jusqu'à la l'action directe ( attentats, sabotages ) ou la lutte armée dans les maquis, en passant par les manifestations patriotiques, le renseignement, la diffusion de la presse clandestine, la participation à des réseaux d'évasion, le refus du Service du travail obligatoire ( STO ) mis en place à la fin de 1942 et au début de 1943.

3. Quelles difficultés ont-ils dû surmonter ?

Les résistants étaient isolés des citoyens, mais agroupés eux-mêmes.

Il y a eu des division internes :

- cohabitation entre communistes, non communistes et anticommunistes, entre partisans du général de Gaulle et antigaullistes de différentes sensibilités, en particulier ceux qui n'avaient pas rompu avec le régime de Vichy ;

- désaccord sur le plan stratégique : ceux partisans de la lutte armée immédiate et le sabotage (les communistes), et ceux qui privilégiaient le renseignement, la propagande, l'aide aux pilotes alliés abattus au-dessus du territoire français et aux prisonniers évadés, dans l'attente des troupes alliées.

- opposition enfin, entre ceux qui entendaient combattre pour des changements profonds et ceux qui souhaitaient simplement un retour à la situation d'avant-guerre.





Organisation

1.1Un développement séparé en deux zones

Le peu de français engagés dans la résistance dès les débuts l’ont fait dans de petits groupes isolés entre eux. D'autres se sont mis au service des alliés britanniques du Special Operation Executive (SOE) mis en place par le Bureau central de recherche et d'action ( BCRA ).

Lorsque l’invasion allemande s’est arrêté , les mouvements structurés se sont constitués dans les deux zones séparées par une ligne de démarcation contrôlée par les troupes d'occupation:

- d'abord en zone Sud non occupée, qualifiée de « zone libre » ( Combat, Libération, Franc-Tireur, Témoignage chrétien, Armée secrète, Groupes francs, Organisation de résistance de l'armée ou ORA... ) ;

- puis en zone Nord occupée ( Libération-Nord, Défense de la France, Organisation civile et militaire, Ceux de la résistance ou CDLR, Ceux de la libération ou CDLL, Résistance-Fer ... )

Dans les deux zones, les communistes ont mis en place, à partir de mai 1941, le Front national de lutte pour l'indépendance de la France.

1.2Leur modus operandi



Le résistant évite souvent de dormir chez lui, ou s'il est passé définitivement à la clandestinité, il doit se trouver une « planque » dont l'adresse ne sera connue que de lui seul et d'un nombre minimel d'agents de liaisons. Jacques Duclos, Charles Tillon et Benoît Frachon, triangle directeur suprême du PCF clandestin, se cachent ainsi de tous sans jamais être pris. Les résistants importants doivent changer de planque régulièrement. Une planque ou une boîte aux lettres « grillée » ou « brûlée » est connue des services de police et ne doit plus être utilisée sous peine de graves dangers. Un résistant pareillement « grillé » doit changer de ville, prendre le maquis, voire partir pour Londres ou pour Alger.

Les résistants passés à la clandestinité ont dû modifier leur apparence physique. Presque tous les résistants se sont, à un moment donné, teints les cheveux, ont dû se les couper ou se mettre à les porter long. Beaucoup se sont grimés, se sont laissés pousser barbe et moustaches, ou au contraire se les sont rasés. Il était courant également de porter des lunettes sombres aux montures épaisses. Quant aux femmes, il leur arrivait de modifier jusqu'à leur démarche, en adoptant alternativement des talons plats ou hauts.

Il est déconseillé de porter des informations sur des adresses ou des notes personnelles. Ils agissaient d’une façon isolée mais en appartenant à un groupe, sans le connaitre peut être jusqu’à la fin de l’occupation. « Contacter »voulait dire rechercher des adeptes et des liasons pour d’autres résistants.

Une minorité de personnalités fait l'aller-retour par avion à Londres. Des petits avions britanniques amenaient trois ou quatre personnes par nuits. D’autres le font avec des sous-marins.





2. Les facteurs de son développement

Quatre facteurs extérieurs à la résistance ont favorisé sa développement :

• En juin 1941, l'attaque allemande contre l'Union soviétique a renforcé la détermination des résistants communistes qui constituaient, depuis 1940, la cible privilégiée de la répression nazie et vichyste.

• En septembre 1942, l'établissement du Service du travail obligatoire ( STO ) a poussé les réfractaires à rejoindre les maquis.

• En novembre 1942, l’invasion de la zone Sud par la Wehrmacht a discrédité le régime de Vichy incapable de s'y opposer, anéanti le mythe d'un État indépendant et souverain jouant le double-jeu pour le plus grand intérêt de tous les Français, et elle a uniformisé les conditions de la résistance dans les deux zones.

• En février 1943, la capitulation de la VIe Armée allemande à Stalingrad a fait s'effondrer le mythe de l'invincibilité de la Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le régime de Vichy avait adhéré.

3. Les étapes de l'unification de la résistance

La France libre avait besoin de se faire reconnaître par la résistance intérieure et la résistance intérieure avait besoin de l'aide de la France libre.

En janvier 1942, de Gaulle a envoyé Jean Moulin en France avec pour mission d'unifier la résistance intérieure.

Au printemps 1943, les mouvements de la zone Sud ont fusionné dans les Mouvements unis de résistance (MUR), et ceux de la zone Nord ont commencé à coordonner leur action.

Un Conseil national de la résistance (CNR) a été créé où se réunissaient les représentants des mouvements des deux zones, des partis politiques et des syndicats.

Présidé par Jean Moulin puis après son arrestation en juin 1943, par Georges Bidault, le CNR a élaboré un programme qui a été adopté en mars 1944.

Ce programme fixait les conditions de la lutte immédiate pour la libération du territoire français et les mesures à appliquer après la Libération pour rétablir la légalité républicaine et promouvoir de profondes réformes sur le plan économique et social.

Au début de 1944, a été créé le Mouvement de libération nationale ( MLN ) qui regroupait les MUR et plusieurs mouvements de la zone Nord.

4. Évolution

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a appelé à la radio les Français qui avaient une quelconque compétence militaire à venir le rejoindre à Londres. Ceux qui ont répondu à son appel sont normalement classés comme membres de la « France libre » ou résistants de l'extérieur.

La résistance de l'intérieur concerne les hommes et les femmes qui agissent en France, soit en zone occupée, dite zone Nord, soit en zone Sud, non occupée jusqu'en novembre 1942. Ils se sont organisés pour perpétrer des actions contre les forces de l'Allemagne nazie, donc contraires à la légalité de l'occupant ou du gouvernement de Vichy.

À l'origine, en 1940, la France libre a créé en métropole des réseaux de renseignement, et les premiers contacts avec les mouvements de résistance intérieure sont établis. L'unification des deux résistances sous l'égide du général de Gaulle, est opérée notamment par Jean Moulin en 1942-1943.

C'est pour symboliser cette résistance commune de la « France captive » et de la « France libre » que cette dernière est rebaptisée France combattante en juillet 1942.



Importance dans la guerre

1. L'action des maquis et les combats de la Libération

Au début de 1944, les groupements armés issus des différents mouvements de résistance ont été unifiés au sein des Forces françaises de l'intérieur ( FFI ) placées sous le commandement du général Kœnig.

À partir de juin 1944, FFI et FTP ont participé activement à la libération des autres départements français.

Pour retarder l'arrivée des renforts allemands au lendemain du débarquement de Normandie, les forces armées de la résistance ont mis en œuvre les plans de sabotage des moyens de communication : pour les voies ferrées, pour les lignes téléphoniques et pour les installations électriques.

Dans le même temps, elles ont été mobilisées dans l'application du Plan Paul, qui visait à détruire les dépôts allemands de munitions et de carburants, à retarder les renforts allemands et à préparer l'arrivée des troupes alliées.

Elles ont déclenché l'insurrection parisienne qui a libéré Paris le 25 août 1944 avec l'appui de la 2ème Division blindée du général Leclerc, responsables aussi de la libération de la plus grande partie du sud-ouest et du centre de la France, et facilité dans le sud-est la progression de la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny débarquée en Provence en août 1944.

2. Le rétablissement de la légalité républicaine

Dans la France libérée ont été mis en place partout des Comités départementaux et locaux de libération (CDL et CLL) constitués par des résistants, comités qui se sont substitués à l'administration de Vichy et ont rétabli la légalité républicaine.

Des cours de justice et des chambres civiques ont été créées avec la participation des résistants, pour mettre fin ou éviter les exécutions sommaires et les règlements de compte qui, et installer les instruments légale des collaborateurs.

CDL, CLL et milices patriotiques ont constitué parfois, en particulier dans les départements où la résistance communiste était en position de force, une menace de contre-pouvoir face aux commissaires de la République et aux préfets nommés par le gouvernement provisoire de la République française restaurée, qui se sont rapidement imposés partout.

3. La mort

La mort a été une arme à double tranchant*, parfois elle a inspiré des soulèvements. La prison, la torture par la Gestapo, l'exécution par fusillade ou décapitation, ou la déportation souvent sans retour dans les camps de concentration nazis sont souvent le terme de l'action des résistants.

En particulier le Fort Montluc à Lyon et surtout le Mont-Valérien à Paris ont vu l'exécution d'innombrables résistants, les femmes étant plutôt transférées en Allemagne pour y être décapitées. Avant d'être chassés de France, les Allemands vident les prisons et massacrent par centaines leurs détenus politiques : ainsi périt en juin 1944, vers Lyon, le grand historien Marc Bloch.

Certains résistants, notamment communistes, ont vu leur famille entière réprimée et exterminée, tel que le colonel Fabien.

Certains se suicident pour ne pas parler sous la torture : ainsi Fred Scamaroni, Berty Albrecht, Jacques Bingen, Pierre Brossolette, et peut-être Jean Moulin. D'autres meurent les armes à la main lors des durs combats du maquis, tel l'écrivain Jean Prévost au Vercors. Ceux qui voient la Libération poursuivent souvent le combat en Allemagne en s'engageant dans l'armée régulière pour porter le coup final au IIIe Reich, et y perdent parfois la vie, comme le colonel Fabien, tué par une mine sur le front des Vosges fin 1944.

Le nombre de résistants victimes de la répression est difficile à établir avec précision.





Source: http://www.crdp-reims.fr/memoire/bac/2gm/sujets/02resistance.htm



Deportation :Peine afflictive et infamante qui consiste à être transporté hors du territoire national dans un lieu déterminé par l'État.

Capitulation : Convention réglant certains privilèges et devoirs, négociée entre partenaires au terme d'un affrontement ou d'une discussion. Double tranchant : arma de doble filo*

lunes, 22 de febrero de 2010

Quelques notions sur le théâtre...

1) Le théâtre n'est pas la représentation théâtrale. Anne Rubersfield dans son livre Lire le théâtre propose une réflexion sur différentes contradictions ("paradoxes") que l'on peut synthétiser de cette façon:
          a) Le texte de théâtre est éternel, il est toujours reproductible. La représentation est éphémère, elle n'est jamais la même.
           b) Le texte littéraire est d'une grande poésie, et il se lit de façon "linéaire". La représentation est un "art pratique", il faut se faire comprendre de tous, et il suppose une lecture "immédiate et non renouvelable". Ce qui implique pour le spectateur un rôle actif de décodification simultanée des signes linguistiques et non linguistiques. Cela veut dire aussi que l'on peut jouer dans une langue différente de celle du public sans que cela empêche la compréhension de la pièce par les spectateurs.
           c) Le texte est l'oeuvre d'une personne alors que la représentation signifie la participation d'un ensemble de personnes, même dans un monologue, en particulier les machinistes.

2) On peut donc faire deux lectures: une lecture "littéraire" et une lecture "scénique" mais aussi deux lectures de façon simultanée.
     Pour certaines personnes du théâtre (comédien-nes, metteurs en scène, lecteurs/lectrices, spectatrices/spectateurs...), le texte demeure fondamental. D'autres, au contraire, revendique l'importance des langages linguistiques et non linguistiques, c'est-à-dire de l'ensemble des signes du théâtre, visuels (gestes, lumières, costumes, décor...), auditifs, musicaux..., le texte n'étant qu'un signe parmi tant d'autres.

3) Par ailleurs, ce texte littéraire présente deux niveaux: le dialogue et les didascalies, c'est-à-dire les indications scéniques. 
        Parfois, un personnage peut aussi apporter une indication scénique, par exemple le prologue dans "Antigone" de Jean Anouilh indique les gestes sur la scène, l'âge, l'aspect physique des personnages principaux.
      C'est une transgression fréquente au théâtre et cela dès le théâtre classique.